Vos silences grondent

Vous faites partie de celles et ceux que l’on nomme les timides, les introvertis. Vous êtes mal à l’aise en société, en famille. Vous essayez, par tous les moyens, de camoufler votre timidité aux autres, mais vous ne pouvez vous la cacher à vous-même. Vous la ressentez dans votre corps : vous suez, tremblez, vous parlez en hésitant, en trébuchant sur les mots, en sourdine, vos mains sont moites, vous rougissez.

Votre timidité agit ainsi à votre insu.

Elle peut vous surprendre à n’importe quel moment, vous ne la maîtrisez pas complètement. L’énergie que vous mettez à la contrôler a des fuites délétères. Votre carapace craque sournoisement. Elle vous tend. Vous êtes en alerte constante, sur le qui vive, dans des stratégie d’évitement. Vous tentez d’esquiver toutes les situations qui vous mettent en difficultés. Une rencontre, un travail… Vous préférez ne rien dire, rester dissimulé pour ne pas vous exposer.

La timidité devient alors peur.

Vous avez peur de vos réactions, de vos émotions que vous ne comprenez pas, que les autres décèlent ce que vous considérez comme une faiblesse. Vous êtes ainsi souvent d’une grande froideur, ce qui met les personnes à distance.
Vous êtes nombreux à avoir réussi professionnellement avec des responsabilités. Pour contrer votre faiblesse ou votre vulnérabilité, vous vous êtes construit un personnage qui peut être puissant, ou drôle, ou généreux. Vous cherchez avant tout à avoir une bonne image de vous. Vous bloquez l’expression de votre vraie personnalité et vous donnez parfois l’impression de ne pas en avoir une. Vous semblez une personne sans relief. Winnicott parle d’un faux self.

Mais vous n’êtes pas apaisés, vous pensez beaucoup trop à comment vous allez vous en sortir.

Vous êtes cérébrales, calculateurs, vous anticipez, vous vous projetez.

Vous vous demandez constamment ce que les autres vont penser de vous.

Seulement vos silences grondent à l’intérieur de vous.

Vous n’êtes pas libre.
Vous êtes des écorchés vifs, toujours à fleur de peau. Proches de votre point de rupture émotionnel.
Il est temps de vous comprendre. Votre timidité a une origine. Elle raconte votre histoire, les interactions que vous avez vécues : vos manques, vos besoins.
La timidité que vous vivez ne fait pas partie de votre caractère. Elle est la partie visible d’une émotion souterraine difficile à cerner : la honte (dont je parlerais dans un article ultérieur).

 

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